Le système de santé de la République démocratique du Congo (RDC) présente de nombreuses faiblesses, et l’un de ses problèmes majeurs est la difficulté d’accès aux soins que rencontrent les personnes pauvres ou issues des classes populaires. En RDC, il n’est pas rare, en effet, que des citoyens malades n’aient pas accès aux soins par manque de moyens financiers et se retrouvent, de fait, livrés à eux-mêmes.
Le cas de la petite Sylvie
C’est dans cette situation que s’est retrouvée la petite Sylvie qui, à l’âge de 3 ans, a souffert d’un rétinoblastome cancéreux. Ses parents nous ont raconté qu’elle a eu une infection de l’œil, mais, n’ayant pas les moyens de payer les frais médicaux nécessaires à son traitement lorsque l’infection était encore bénigne, cette dernière s’est aggravée jusqu’à muer en un cancer de l’œil. Après des mois de lutte contre sa maladie et une opération chirurgicale payée par des dons, elle est finalement décédée des suites de son cancer.
« Pas de soins sans argent »
Le cas de Sylvie n’est pas isolé dans la ville de Kinshasa et illustre bien les faiblesses du système de santé de la RDC. En effet, pour être soigné dans un hôpital au Congo, le patient doit au préalable payer ses frais médicaux et/ou fournir une garantie financière à moins de disposer d’une protection sociale employeur. Or, une grande partie de la population congolaise travaille dans le secteur informel – ou ne travaille pas – et ne bénéficie donc pas d’une protection sociale. Ainsi, les malades qui n’ont pas les moyens de payer leurs frais médicaux sont littéralement privés de soins.
Pour pallier cette absence de soins, certains Congolais ont donc recours à l’automédication et à la médecine traditionnelle comme remède. Pire encore, certains d’entre eux meurent parfois pour des pathologies considérées comme bénignes dans les pays occidentaux telles que le paludisme et les fièvres typhoïdes ou paratyphoïdes.
En définitive, le modèle du système de santé congolais prive de soins ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les pauvres.

